Une enseignante porte la même robe pendant 100 jours

3R mars 06, 2019

Julia Mooney est une enseignante dans le New Jersey. Elle essaie d’initier ses élèves à consommer de manière durable et ne pas gaspiller. Alors pour marquer les esprits, le 3 août, elle a enfilé une robe à bouton grise et elle est allée travailler. Le lendemain, elle a remis la même robe. Et le jour d’après aussi. Et elle a continué comme ça pendant 100 jours consécutifs.

Dénoncer la culture de l’excès et du paraître

Depuis de nombreuses années, Julia Mooney a ajouté les bonnes habitudes éco-responsables au quotidien de son foyer. « Nous avons toujours été attentifs à ce que nous achetons, d’où ça vient et ce que nous jetons ». Mais elle voulait aussi trouver une façon de sensibiliser ses enfants et ses élèves à la ‘culture de l’excès’ qui amène à remplir ses placards de vêtements inutiles, qu’on porte peu et qu’on finit par jeter. « Il n’y a aucune règle qui dit que nous devons porter quelque chose de différent tous les jours » explique-t-elle dans les médias américains.

Pour que son message soit efficace, Julia est aussi remontée à l’origine du problème : le culte de l’apparence et du paraître : « C’est une chose à laquelle ils sont confrontés tous les jours à 12 ou 13 ans. Alors qu’ils essaient de se définir eux-même, ils s’identifient souvent à une marque ou quelque chose de superficiel comme une présence sur les réseaux sociaux. Certains étaient excités à l’idée de pouvoir dire à quel point cela est idiot ».

© Instagram : @oneoutfit100days

Au début, elle n’a rien dit à ses étudiants. Certains l’ont remarqué au second jour, d’autres non. Il n’y a pas eu de réelles conversations à ce sujet pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce que ces élèves s’en soient tous rendus compte. Elle leur a ainsi expliquer qu’il fallait juger les personnes pour ce qu’elles font et pas ce qu’elles portent.

Une quête de simplicité et un geste pour la planète

Deux éléments ont inspiré Julia dans son défi : d’abord la quête de simplicité Sur son site personnel, elle expliquait agoniser le matin à l’idée de savoir ce qu’elle allait porter. Aujourd’hui, elle s’est remise à porter des vêtements différents mais elle a considérablement réduit sa garde-robe. Elle n’hésite plus deux fois à remettre la même chose que la veille et se moque d’être jugée pour cela. Elle consacre plus de temps à ses enfants et ses élèves qu’à remplir son placard.

© Instagram : @oneoutfit100days

Ensuite, il y a la volonté d’agir pour la planète, Julia étant bien consciente que la mode est source de gaspillage : « Pensons avant d’acheter, porter, jeter et encore acheter. Pouvons-nous acheter des vêtements usagés ? Acheter de manière responsable ? Acheter moins ? S’habituer à porter moins de choses ? Ou est-ce que nous préférons perpétuer une culture dans laquelle c’est notre apparence et pas nos actions qui nous définissent ? »

Le défi #OneOutfit100days

Certains adultes ont commencé à rejoindre Julia dans son expérience comme son mari, lui aussi enseignant. Puis le phénomène a dépassé les frontières. Des internautes du monde entier l’ont rejoint pour tenter le défi, notamment à travers le mot clé #OneOutfit100days (une tenue pendant cent jours) sur Instagram.

L’industrie du textile est une des plus polluantes au monde entre les matériaux utilisés, les moyens de transport, le gaspillage… Pourtant la consommation de vêtements ne cesse d’augmenter. Paradoxalement, on estime aujourd’hui que 70% de notre garde robe n’est pas portée… A bon entendeur !

Le compte Instagram de Julia où elle a partagé son expérience : https://www.instagram.com/oneoutfit100days/

© Instagram : @oneoutfit100days

Mots clés